Aller au contenu. | Aller à la navigation

Vous êtes ici : Accueil Actualités Regel du point d’indice et réinstauration du jour de carence : équité négative !
Navigation

Regel du point d’indice et réinstauration du jour de carence : équité négative !

Dans son débat de l’entre deux tours, le candidat Macron reprochait à Marine le Pen son « étrange rapport à la vérité ». On est en droit de s’interroger sur le rapport à la vérité du Ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, lorsque l’on écoute ses principaux arguments à l’appui du retour du jour de carence dans la fonction publique.

Une fausse équité : les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés !

D’une part alors que les salaires sont en hausse constante dans le privé, ils stagnent dans le public. Rappelons que le point d’indice a été gelé de 2010 à 2016. Fin 2018, ce point d’indice n’aura donc augmenté que de 1,2 % sur 9 ans. Ramené à la hausse des prix, le pouvoir d’achat relatif des fonctionnaires et assimilés continue de fondre comme neige au soleil. Ainsi pour les enseignants, il a diminué de 15 % entre 2000 et 2016.

D’autre part, les arrêts de travail de près des deux tiers des salariés du privé sont couverts par leur entreprise. De plus, une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère des solidarités et de la santé), suite à l’instauration en 2012 du délai de carence sous la présidence de Sarkozy puis sa suppression sous Hollande en 2014 montre que lorsque le délai de carence n’est pas pris en charge, les salariés sont moins souvent absents mais les arrêts sont plus longs. L’intérêt économique de la mesure est donc contestable. Et puisqu’une majorité d’entreprises ont fait depuis longtemps le choix de couvrir leurs salariés, peut-on raisonnablement entendre le discours du Ministre sans y suspecter une démagogie aux finalités politiques troubles qui relance la division public/privé ?

Le contrat de confiance : un mirage ?

Le jour même de cette annonce, les enseignants recevaient une lettre du Ministre de l’Education Nationale exprimant « [son] respect et [sa] considération » ainsi que sa « confiance ». Mais pouvons-nous avoir confiance lorsqu’ « en même temps » on donne le sentiment que les agents du service public seront les grands payeurs des politiques à venir ?