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Orientation en terminale : en marche forcée !

L’actualité médiatique entrant dans une étonnante coïncidence avec l’agenda du ministère et l’objectif 3 des propositions pour l’éducation du programme Macron, l’opinion a brusquement pris conscience des défauts du système APB.

La définition des missions et des obligations de service des enseignants de 2014-2015 pouvait inquiéter car elle laissait la porte ouverte à une multiplication des tâches. La réforme de l’orientation qui se met en place s’inscrit dans cette logique du « corvéable à merci » : plus de travail, en dehors du cœur de métier et sans compensation financière. Les profs de lycée vont donc reprendre en charge l’orientation à la place de l’algorithme fauteur de trouble. Mais peut-on mettre en œuvre correctement cette réforme qui s’impose en cours d’année ?

En avons-nous la compétence ?

Nous connaissons nos élèves et notre avis est utile mais l’orientation n’est pas notre métier. Et si cela doit le devenir alors il faut nous y former sérieusement et le prendre en compte dans le recrutement et les concours. Ajoutons que de donner un avis sur l’orientation ne figure pas explicitement sur le référentiel des compétences professionnelles (voir C5 et P3).

En avons-nous le temps ?

Plus de tâches encore vont donc s’ajouter au calendrier des enseignants : concertation, prise d’information, suivi et entretien avec les élèves (et ce dès la seconde en réalité) et les conseils de classe à rallonge, comme avant APB, puisqu’il faudra examiner les vœux de tous les élèves. Inévitablement, cela se traduira par une nouvelle augmentation du temps de travail.

Allons-nous être rémunéré ?

Et non ! Aucune décharge de cours, aucune prime sauf pour un professeur principal adjoint en terminale qui risque bien de prendre toute la paperasse sur le dos. Qui est candidat ? Pire : on nous demande de travailler plus au moment où on nous annonce qu’on gagnera moins (hausse de la CSG, gel du point d’indice, report PPCR et retour du jour de carence). Est-ce là faire preuve de respect envers les personnels ?

Bac -3/bac +3 : un lycée de sélection sociale ?

Du point de vue des idées sur l’Ecole cette réforme pose aussi question : le Lycée va-t-il devenir plus un lieu de présélection pour le supérieur qu’un lieu de formation de l’élève, de la personne, du futur citoyen ? La réforme du bac à venir va-t-elle s’inscrire dans cette même vision de l’Ecole et de « la réussite et l’épanouissement de chaque élève » ?